L’Union européenne menace la gestion publique de l’eau au Canada

 
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mardi 21 décembre 2010,
par Marc Laimé

Le gouvernement de M. Stephen Harper a engagé avec l’Union européenne (UE) des négociations afin d’adopter un accord bilatéral de libre-échange (AECG). Le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) et le Conseil des canadiens s’alarment des risques qu’il va faire peser sur les services publics municipaux de l’eau au Canada, contraints par ce biais à une libéralisation croissante de leurs services, au profit des entreprises transnationales françaises de l’eau, Veolia et Suez. Celles-ci s’activent en coulisses pour obtenir la signature de cet accord.

Lire aussi :

- Appel à l’action du président du SCFP contre l’AECG, 14 décembre 2010.

- « Les Etats-Unis ont soif de l’eau du Canada » (M. L.), Carnets d’eau, 18 avril 2007.

- « Quand les Etats-Unis détourneront les ressources du Canada » (carte), par Philippe Rekacewicz, mars 2005.

Dans un communiqué rendu public le 16 décembre 2010, le Syndicat canadien de la fonction publique appelait à la mobilisation, à quelques semaines du prochain round de négociations entre l’UE et le Canada, qui doit se tenir en janvier 2011 :

« Les systèmes publics d’eau du Canada qui font déjà face à d’énormes défis sont menacés par une importante entente de libre-échange qui est actuellement en négociation entre le Canada et l’Union européenne (UE). »

Un nouveau rapport paru aujourd’hui, Eau publique à vendre : comment le Canada va privatiser nos systèmes publics d’eau (PDF), avertit que l’eau publique du pays de l’érable sera perdue si les provinces et territoires ne prennent pas immédiatement les mesures appropriées pour s’assurer que l’eau soit retirée du cadre des discussions sur la proposition d’Accord économique et commercial global entre le Canada et l’Union européenne (AECG).

Le rapport du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) et du Conseil des Canadiens décrit comment l’AECG aura pour effet de rendre vulnérables à la privatisation les systèmes municipaux publics d’eau de tout le Canada.

Projets Nord-Américains de transferts d'eau douce 

NOTE LEQ
On en entend parler depuis assez longtemps.  Le fait que les média ne traitent plus du sujet ne doit pas nous rassurer, comme nous le montre ces information d'Europe et du Canada.

Maintenant, une autre question pourrait être posée : Quel est le lien entre cette menace de contrôle des eaux canadiennes et la Bourse internationale du Carbone … ?

Probablement plusieurs liens pourraient être établis, mais nous en soulignerons un seul : le contrôle des moyens de subsistance individuel !

En effet, taxer le Carbone et plus particulièrement le CO2, c’est faire bien plus que lutter contre l’automobile à essence ou la grande industrie utilisant le charbon ou les combustibles fossiles. Non, c’est de plus que cela qu’il s’agit !

Toute forme de production de CO2 devient sujette à contrôle, dont les activités humaines, même la respiration humaine … Ce qui nous permet de voir toute la cohérence du plaidoyer virulent de plusieurs écologistes influents pour le contrôle drastique de la population et des moyens de reproduction.

Il ne s’agit donc pas de science fiction ou de thèses radicales et peu crédibles, mais plutôt d’une partie intégrale, mais peu expliquée, de l’agenda de certains groupes écologistes dont la puissance n’est plus à démontrer.

Il n’y a donc plus de lien entre cette forme d’écologie et les considérations environnementales communes et admises qui cherchent à garantir un développement durable centré sur l’humain, en harmonie avec son habitat. Dans un cas, l’humain est accessoire et l’objectif final n’est pas de rechercher son bien-être alors que c’est l’essence de l’autre forme d’environnementalisme. La confusion de l’un et l’autre dans l’esprit du public garantit sa sympathie et son appui à un programme d’action qu’il refuserait immédiatement s’il le connaissait en entier !!

Or l’écologisme « anti-humain », comme nous pourrions l’appeler, visera inévitablement à limiter le développement humain et à contrôler son accès aux ressources vitales. Ces ressources doivent être sous clef, sous l’autorité d’organisations planétaires. Les réserves alimentaires et l’eau sont donc des cibles stratégiques et il faudra détruire les accès directs des individus à ces ressources. Cet écologisme, parce qu’il met en place de telles structures, pourrait être vulnérable à des visées totalitaires dont l’ampleur n’a aucun précédent historique. Le contrôle global des ressources en eau et le contrôle global de la production de CO2 sont donc des moyens compatibles pour établir des structures analogues, voire éventuellement coordonnées.

Et tout cela peut se produire à l’insu des principaux promoteurs de ces plans d'action, qui eux seraient sincèrement convaincus de l’argumentaire utilisé (temporairement et accessoirement) pour les mettre en place. Autrement dit, les grands acteurs qui luttent pour la construction de ces structures normatives n’ont vraisemblablement aucune visée totalitaire. Pendant que certains de leurs supporteurs financiers ou politiques pourraient nourrir de telles ambitions, assurer le succès des présentes démarches de ces idéologues « intègres » (voire intégristes), tout en espérant provoquer éventuellement la récupération de ces structures pour d'autres fins.

L’élitisme et le mépris de la sagesse populaire peut conduire à beaucoup d’excès et de souffrance et le XXe siècle en aura été une démonstration indubitable !  Que ferons-nous du XXIe ?


B. F. pour LEQ

À la demande des grandes entreprises européennes à but lucratif du secteur hydraulique, les gouvernements provinciaux et territoriaux envisagent d’inclure l’eau potable et les services de traitement des eaux usées à l’ensemble des services qui seront couverts par l’AECG.

C’est le gouvernement de M. Harper qui leur a demandé de prendre une décision finale dans ce dossier, avant la prochaine ronde de négociation de l’AECG, la sixième, qui doit débuter en janvier à Bruxelles.

« L’AECG est une entente de privatisation de l’eau, affirme Maude Barlow, présidente nationale du Conseil des Canadiens. Notre eau publique est le sujet de négociations qui se déroulent derrière des portes closes. Nous devons agir dès maintenant, sinon un matin nous nous réveillerons et nos systèmes publics d’eau auront tous disparus. »

Le SCFP et le Conseil des Canadiens font appel aux provinces et aux territoires, afin qu’ils affirment leur juridiction et qu’ils mettent l’eau publique canadienne à l’abri du mépris irresponsable affiché par le gouvernement pour cette ressource.

Le rapport souligne que l’AECG aura pour effet d’aggraver les pressions exercées sur les municipalités et les réserves autochtones canadiennes, par le financement public inadéquat et les programmes d’encouragement à la privatisation du gouvernement fédéral, afin qu’elles livrent au marché leurs systèmes d’eau.

« Les Canadiens vouent une grande confiance aux systèmes d’eau et de traitement de l’eau qui appartiennent et sont exploités par le public, explique Paul Moist, président national du SCFP. L’eau et les autres services essentiels – comme les soins de santé, les transports en commun, les services postaux et l’énergie – sont des éléments vitaux de nos collectivités. Cette entente permettra aux plus importantes multinationales du monde de faire des profits avec l’eau du Canada. »

M. Moist demande aux sections locales du secteur des municipalités du SCFP d’agir pour bloquer cette entente, qui est actuellement négociée sans débat public.

Les négociateurs de l’UE demandent également que les municipalités canadiennes et leurs services d’eau soient inclus dans le chapitre de l’entente sur les achats publics. Si c’est le cas, ce sera la première fois que l’eau potable du Canada sera entièrement rattachée à un traité commercial. L’objectif est donc clairement d’encourager la privatisation des systèmes publics d’eau des municipalités canadiennes.

« Les systèmes de distribution de l’eau potable et de traitement des eaux usées sont des actifs communautaires très importants. Les services d’eau potable et de traitement des eaux sont un droit de la personne et une source de vie de collectivités en santé et performantes »,souligne Mme Barlow.