Ne croire en rien est aussi une croyance | |
| Par JOHN WHITE Neufchâtel, Qc Lettre ouverte Un État qui se déclare laïque risque bien d'agir de façon injuste envers la majorité |
Est-ce qu'un État qui se déclare laïque aurait l'attitude la plus juste envers les diverses
croyances ?
Est-ce que le fait de ne privilégier aucune croyance, même celle de la majorité, est la meilleure façon de respecter toutes les croyances ? Enfin, la croyance religieuse doit-elle s'exprimer uniquement dans la vie privée?
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L'affirmation de la non-existence de Dieu est une croyance,... |
Un État qui se déclare laïque risque bien d'agir de façon injuste envers la majorité. Le
penseur laïque prétend ne professer aucune croyance.
La demande de laïcité provient à l'origine des personnes athées auquel groupe peuvent se joindre certains agnostiques. L'affirmation de la non-existence de Dieu est une croyance, tout comme l'idée suivant laquelle on ne peut savoir si Dieu existe est une croyance. Il y a donc une croyance à l'origine de la pensée laïque. Les athées et les agnostiques sont en minorité dans notre société. Une minorité qui ne peut admettre la croyance de la majorité demande à cette majorité d'admettre sa propre croyance.Un État laïque composé majoritairement de citoyens qui croient en un Dieu accepte de ne pas représenter la majorité sur le plan de la croyance pour ne pas heurter sa minorité qui, elle, ne se gêne pas de heurter cette majorité en lui demandant de mettre de côté, rien de moins, que sa croyance principale. Comment ne pas voir l'injustice? |
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...faire comme s'il n'y avait pas de Dieu ou comme si la question de Dieu n'était pas importante (ce que suppose le laïcisme) revient à privilégier une croyance, de surcroît, celle de la minorité. |
Oui, mais un État démocratique doit se montrer respectueux de ses minorités.
Est-ce que d'affirmer les croyances de la majorité, ce qui serait une façon de la respecter, implique le manque de respect envers la minorité de croyance différente? Un État qui affiche sa croyance ne l'impose pas à sa minorité, il affirme seulement qu'en cette matière la majorité pense ainsi. De toute manière, même si un État était tenté de le faire, il serait bien obligé de constater que la croyance ne s'impose pas de force. L'État montre son respect en prenant les dispositions pour que sa minorité puisse exercer sa croyance sans subir de préjudices. Devant une multiplicité de croyances, n'est-il pas préférable de n'en privilégier aucune ? Mais faire comme s'il n'y avait pas de Dieu ou comme si la question de Dieu n'était pas importante (ce que suppose le laïcisme) revient à privilégier une croyance, de surcroît, celle de la minorité. À ces croyances déjà évoquées s'ajoutent celles qu'un État peut se passer de l'aide de la religion, que cette aide est sans importance pour le bien de la société. Voilà quatre croyances propres au laïcisme qu'il nous demande de respecter, mais lui, respecte-t-il les quatre croyances opposées? Pourquoi ne pas limiter l'expression de sa croyance au domaine du privé? |
"La religion, c'est à la maison!"...demander à des citoyens de mettre cela de côté dans leur vie publique revient à leur enlever le droit d'expression dans ce qu'il a de plus essentiel, ... |
Se conformer à cette demande implique qu'il y aurait pour un citoyen deux vies : une vie
publique — dans laquelle on met de-côté ou entre parenthèses ses croyances — et une vie
privée dans laquelle on les assume pleinement. Les
croyances religieuses couvrent tous les aspects de la vie, concernent les vérités les
plus fondamentales (celles de l'origine, du but et du comment de la vie humaine).
Comment un citoyen croyant pourrait, le jour, mettre de côté ce qui constitue l'armature de sa personnalité pour le reprendre en main le soir? N'est-ce pas lui demander de se renier lui-même, de scinder sa personnalité en deux, de devenir schizophrène en quelque sorte ? Comment un croyant pourrait mettre de côté les principes fondamentaux enseignés par sa croyance lorsque vient le temps de décider des questions importantes qui sont du ressort de la vie publique? Cette demande sous-entend que dans les questions importantes qui concernent le bien commun, il vaut mieux éviter de faire intervenir les valeurs fondamentales que véhicule la religion. Encore une croyance du laïcisme qui est loin d'être démontrée ! Un humain a le désir naturel de montrer les biens qu'il affectionne. Par exemple, il aime montrer ses préférences dans le monde du sport, de la musique, des arts, ses goûts, ses orientations politiques et autres. L'humain veut communiquer aux autres le meilleur de lui-même. Selon le laïcisme, le citoyen aurait le droit à l'expression publique dans tous les aspects de sa vie, sauf en matière religieuse. Or, la religion concerne le cœur de l'être, demander à des citoyens de mettre cela de côté dans leur vie publique revient à leur enlever le droit d'expression dans ce qu'il a de plus essentiel, et ce, à l'endroit où il est le plus approprié de le faire. Que vaut un droit que l'on ne peut exercer dans ce qui nous tient le plus à cœur et ce, dans le lieu où il importe de le faire ? John White, |