Falardeau est-il mort ...?

Pour Catacombes
Par Loro
6 octobre 2009

COMMENTAIRE SUR LE FUNÉRAILLES PUBLIQUES DU CINÉASTE ET AUTEUR PIERRE FALARDEAU

Où comment sacrer avec justesse dans une église catholique …

Ouais, la gauche (…radicale) a l’air de se sentir à son aise dans l’Église.  Elle lit avec délices ces récits où Jésus de Nazareth envoie paître les bien-pensants, leur hypocrisie et leur méchanceté.  Elle cite l’apôtre Paul qui parle de la « liberté des enfants de Dieu » qui ne vient de personne d’autre que de Dieu lui-même.

Oui, elle sacre toujours et n’a pas peur des mots.  Mais ce n’est pas au crucifix  que s’adressent ses reproches.  Du milieu du chœur (cœur), avec le Christ dans leur camp, ils crient au-delà de la balustrade qu’ils ne croient pas les journalistes et les accusent.  Ils crient aux politiciens qu’ils les ont trahis et ont trahis le peuple.  Ils auraient bien pu, tant qu’à y être, vilipender la duplicité des élites religieuses ou même l’horreur de certaines doctrines qu’on nous assénait comme venant du ciel, alors qu’il ne s’agissait que « d’accommodements » …méprisables.

Bref, les ovations debout et les « nous vaincrons » se mêlaient aux cantiques et aux défis à l’establishment.  Est-ce que ce n’est pas cela, dans le fond l’Église ?  Est-ce que ce n’est pas ça dans le fond … le Québec ?  Est-ce que ça n’expliquerait pas quelque chose qui semble à certain un paradoxe irréconciliable … ?
Jules Falardeau salue son père :

« Nos adversaires sont prêts à toutes les bassesses pour nous asservir … »

« Un lutte politique … ça se passe à chaque jour,  à chaque choix de consommation … »

« Les journalistes ont cette capacité de se servir des propos de quelqu’un et de lui faire dire ce qu’ils veulent …et c’est vrai pour tous les gens qui menacent le statu quo »

« … et dans les prochaines années, il faudra tout mettre en œuvre pour réduire leur (les journalistes) influence néfaste sur notre propre ignorance »

« …tu m’as donné le goût de ne pas faire partie de ceux qui rampent sur le sol pour un gâterie »

Pierre Falardeau

À vouloir vider le québécois moyen de ses valeurs judéo-chrétiennes, n’est-on pas en train de lui arracher le fondement de sa démarche, de sa soif de justice et de liberté ?  La source de son insatisfaction profonde, de sa colère, de son besoin de fraternité et de sens.

Ben quen!

Le texte de Pierre Vadeboncoeur, un ancien de Cité Libre, un collègue de Pierre Vallières, me semblait offrir cette continuité, ce lien avec le Québec, d’avant et d’après la Révolution Tranquille, de la Nouvelle-France à 2009. 

Falardeau, dans sa dernière entrevue de mars 2009 (TVA), citait Citadelle de Saint-Exupéry, parlait de ses « vols » d’idées et de ses "survols" sociaux et culturels.

Falardeau réinventait l’homme, fuyant les chemins tout-faits, cherchant là où la plupart de nous ne cherche rien,  « circulent, parce qu’il n’y a rien à voir ».  C’est là aussi qu’on peut se perdre, soi-même, ses repères, ses intentions.  Errer en cherchant quelque chose ça me semble pardonnable, presque souhaitable, surtout si c’est une vraie liberté.

Un pamphlétaire, assoiffé de morale …  Dans le fond, "un imitateur de Jésus" qui sortaient les marchands du temple à coup de fouet.  Là, on ne fait pas dans la dentelle, mais il y a parfois des urgences.

Quand on vient des « basses classes » et qu’on a vu des femmes et des hommes se faire mépriser jusqu’à plus soif, parfois le « cadran reste dans le rouge », collé là!  « Ça fait ! » et il faudra que ça change.

C’est ce qu’il laisse, bien vivant, il me semble.  Cette soif de justice et de liberté.

« Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés! »
Matthieu 5:6