Par Loro Pour
Catacombes
2010-06-18
Voir aussi :
Vidéo
La manipulation de la crise du “Gulf Oil Spill” par Obama (juin 2010) et les « think tanks » progressistes, selon les principes de communication établis entre autres par
Walter Lippmann
et
Edward L. Bernays, conseillers en propagande de Woodrow Wilson durant la guerre mondiale
Le lien entre différentes crises “manufacturées ou manipulées” selon …l’ineffable Glenn Beck
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J’avoue ne jamais avoir envisagé attaquer une
question aussi vaste dans un seul article. Et, dans ma façon de voir la communication, de
tels concepts doivent être présentés de façon concise et
synthétique, au moins au premier abord. Aussi, allons-y rondement.
La récente allocution de Barak Obama depuis le « Oval Office »,
symbole puissant de la présidence américaine, éclaire la situation géopolitique
actuelle. La position des États-Unis, du Canada et du
Québec par interdépendance, et celle du reste du monde en sont
clarifiées, mais aussi affectées.
Le sujet qui motive l’allocution, soit la réaction à la fuite de
pétrole qui dure depuis plus de 60 jours dans le fond du
Golfe du Mexique, met en scène plusieurs éléments dès le départ. J’y reviens.
Mais c’est aussi et surtout le ton de l’allocution et le contexte
qui l’entoure (déclarations externes et le ton de la diffusion
médiatique) qui lui donne un portée préoccupante : « Inflexion point
», c’est le terme clé !
Reprenons dans le désordre.Le contexte comprend les éléments suivants :
- Élection « Mid-Term » en novembre prochain dans une décroissance
marquée de la popularité générale d’Obama et des démocrates,
particulièrement dans les tranches cibles de l’électorat (Indépendants
et gauche progressiste);
- Mobilisation de la gauche et des think tanks
progressistes pour accélérer la mise en œuvre, avant les « Mid-Term », de changements
majeurs du mode de fonctionnement de la société américaine, malgré
l’ampleur des implications des changements déjà effectués depuis le
début du mandat d’Obama (Healthcare, Réforme des lois fiscales (Wall Street), vaste programme de dépenses
gouvernementales faisant basculer la structure de l’offre d’emploi,
exportation de capital à l’étranger (production, investissement, )
et dépendance vis-à-vis des régimes opposés aux valeurs américaines,
nationalisation, partielle mais effective, de l’industrie de
l’automobile et de d’autres secteurs économiques, …);
- La montée d’un mouvement contre la croissance du pouvoir
gouvernemental (Tea Party);
- La pression des média de gauche pour exiger des actions «
dictatoriales » dans les circonstances actuelles, non seulement dans
le cas du sinistre du Golfe du Mexique mais dans plusieurs autres
questions (loi de l’Arizona sur l’immigration, invalidation de la
politique du « Don’t ask, don’t tell » (homosexualité) dans l’Armée
américaine, lutte au Réchauffement Climatique et passage immédiat
aux énergies vertes.
Le ton de l’allocution se caractérise ainsi :
- Plusieurs observateurs (média et autres) soulignent le ton « martial
» du discours (« siege », « assault on our shores and citizens », «
battleplan », …), créant un climat qui s’apparente à la guerre
autour d’un problème technique (fuite de pétrole au fond de la
mer);
- La présentation a été orientée de façon surprenante en ne répondant
pas à une question (pourquoi ce n’est pas réglé après tout ce temps
?), détournant le focus sur l’ampleur des réparations pourvues par
l’administration Obama, la compassion envers les « victimes » (… de
BP, sous –entendu) et SURTOUT affirmation de la nécessité de passer
le « Cap and Trade Bill » comme étant la SEULE SOLUTION ACCEPTABLE
(pour LUI) au problème actuel (une fuite au fond du Golfe du
Mexique).
Le sujet initial, la fuite de pétrole et la crise environnementale
et économique qui s’en suit, sont présentés :
- comme étant d’abord la responsabilité d’une entreprise «
capitaliste » irresponsable (BP);
- ayant des conséquences dévastatrices, permanentes et révoltantes;
- présentant des défis techniques à la limite des capacités
scientifiques actuelles;
- ayant le potentiel de se reproduire inévitablement dans tous les
cas de forages sous-marins.
Voilà pour la mise en scène.
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L'info qui manque ...
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Allons-y maintenant pour des informations additionnelles, qui
circulent peu mais se trouvent facilement pour quiconque veut bien
en prendre la peine :
- les allocutions faites à partir du « Oval Office » sont célèbres
(démission de Nixon, crise des missiles de Cuba, assault en
territoire iranien pour délivrer les otages de Téhéran, Guerre du
Golfe (Bush Père), Guerre en Irak (Bush fils), grandes catastrophes
(9/11), …), solennelles et portent en elles-mêmes un message d’appel à
la mobilisation pour tous les américains ;
- Katrina n’a pas fait l’objet d’une allocution du « Oval Office »;
- L’appel à la mobilisation autour des crises est habituellement
une justification pour un geste unilatéral de la présidence … dont
l’archétype est la déclaration de guerre contre le Japon au
lendemain de Pearl Harbour par FDF : « This is a day that will live
in infamy » (plusieurs historiens croient que FDR savait que Pearl
Harbour serait attaqué, mais qu’il fallait trouver une justification
(3000 morts) pour forcer l’opinion américaine à accepter de passer à
une économie de guerre …);
- Il n’y a présentement aucune lutte réelle entre les républicains
et les démocrates au Congrès, …parce que les démocrates peuvent à
eux seuls passer tout ce qu’ils veulent sans contrainte. La
stratégie républicaine est de forcer les démocrates à prendre
l’entière responsabilité de leurs actions en refusant de s’y
associer (pas courageux mais efficace en vue de novembre).
- La seule lutte aux Congrès est ENTRE LES DÉMOCRATES eux-mêmes,
soit entre les démocrates modérés ou même conservateurs (midwest et
sud) et les groupes de pression progressistes qui les voient comme
les ennemis directs de leur agenda. Ces derniers voient donc le
président comme l’intervenant le plus « malléable » pour forcer le
passage des changements (…radicaux) qu’ils visent.
- La semaine dernière, un congrès réunissait des groupes «
progressistes » à Washington (America's Future Now), plusieurs de la gauche (socialistes,
communistes) et des représentant de l’administration Obama (Nancy
Pelosi au nom du congrès, entre autres). Durant ce sommet, Van Jones
(toujours lui …) a affirmé que cette semaine serait un « inflexion
point » qui lancerait l’administration Obama dans des actions
marquantes et décisives en faveur de l’agenda des « progressistes »
(agenda partagé d’ailleurs par Jack Layton au Canada – cf conférence
téléphonique interceptée par les Conservateurs);
- La plupart des analystes prévoient en novembre prochain, un
affaiblissement marqué du pouvoir de gouverner des démocrates aux
Congrès, non seulement à cause de la perte de popularité d’Obama
auprès des indépendants (balance du pouvoir), mais aussi à cause des
résultats historiques de ce type d’élection. Les démocrates se
retrouveraient donc dès janvier 2011 avec une majorité (théorique, à
cause des divisions dans le parti) diminuée, potentiellement la
perte du contrôle du Sénat (filibuster ou même minorité effective)
qui est la CLÉ du pouvoir effectif : IT IS NOW OR NEVER ! ;
- Van Jones est le promoteur du projet de loi actuel sur le « Cap
and Trade » (gestion et réduction des gaz à effet de serres pour se
conformer aux objectifs de Kyoto). Van Jones est un communiste avoué,
un révolutionnaire radical (violence, appel au soulèvement et au
chaos social, destruction de la structure de la société américaine
actuelle) au passé très bien documenté (cf. le manifeste STORM dont
il est co-auteur au début des années 2000). D’autre part, plusieurs
politiciens dont des démocrates reprochent à ce projet de loi
d’avoir des conséquences économiques et géopolitiques inévitables
dont celles d’étouffer la production civile et militaire américaine
et de compromettre le rôle dominant des États-Unis dans le monde
(gendarme, arbitre du G-8 et du G-20, dollar américain référence,
sécurité énergétique, lutte au terrorisme et hégémonie multiple).
Son discours de la semaine dernière à « America Future » visait
spécifiquement à pousser le « Cap and Trade ».
- L’interprétation que la Maison Blanche fait de la crise actuelle
autour du « Oil Spill », celle que les grands média reprennent sans
questionner, est que, de façon générale, les énergies « polluantes »
n’ont que des inconvénients et que les difficultés dans le Golfe
amènent directement à condamner toute hésitation à mettre en place
le « Cap and Trade » et la Bourse du Carbone de Chigaco (CCX);
- Personne, ou presque (sauf Foxnews ou à peu près …) ne semble
noter des contradictions questionnantes, à savoir que
l’administration Obama prétend avoir « pris les choses en main et
dirigé les opérations » dès les premiers jours de la fuite (on
arrive au 60e jour …), mais prétend toujours que le blâme des
conséquences environnementales et économiques doit être mis
exclusivement sur BP (?!);
- Ces conséquences seraient bénignes si, selon certains intervenants
qualifiés (ingénieurs, spécialistes de sciences physiques et du
forage pétrolier en mer), la Maison Blanche avait accepté l’aide ou
les orientations proposées DÈS LES PREMIÈRES HEURES DU SINISTRE par
des intervenants compétents et expérimentés américains (industrie
pétrolière (EXXON, MOBIL, …)) ou étrangers (experts de la Mer du
Nord ou du Canada);
- Certains intervenants, dont l’ex-directeur de la FEMA a affirmé
dès la première semaine, prétendant que tout aurait pu se régler
rapidement, que l’équipe de gestion d’Obama ALLAIT PROVOQUER UNE
CRISE ÉCOLOGIQUE AFIN DE JUSTIFIER UN MORATOIRE SUR LE FORAGE
PÉTROLIER EN SOL AMÉRICAIN … On l’a forcé à se rétracter (mais le
video est encore accessible …);
- Il est tout à fait étonnant de constater que l’industrie
pétrolière fait continuellement du forage dans le monde entier, à
des profondeurs comparables, et peut dès l’apparition du flot de
pétrole brut sous pression (2000 lbs/po2 env.) le canaliser
immédiatement dans ses conduites, …sans fuite dans l’environnement ;
- Donc, si BP peut le faire proprement et l’a fait de façon
habituelle dans le passé, sans incidents de cet ordre, comment
l’administration Obama peut-elle le rendre responsable en même temps
qu’elle prétend avoir géré toutes les opérations dans cette crise
DEPUIS LE DÉBUT !!
- Dans son discours, Obama faisait référence au fait que FDR avait
fait fi des avis voulant que les États-Unis (en 1941) ne pouvait pas
transformer si rapidement leur économie pour produire du matériel de
guerre. Obama disait ainsi que des changements drastiques dans les
activités américaines étaient possibles de la même façon, sans
préciser de quels changements il parlait (on comprend qu’il s’agit
du « Cap and Trade ». FDR a effectivement converti l’économie
américaine en économie de guerre, mais il avait commencé des
changements profonds et importants sous d’autres prétextes (lutter
contre la crise économique …) dès le milieu des années ’30. D’autre
part, le Canada a joué un rôle non-négligeable dans la production de
guerre, qu’il avait démarré à fond de train dès 1939;
- Un affaiblissement du rôle géopolitique « classique » des
États-Unis est la condition essentielle à l’implantation d’un
pouvoir mondial centralisé autour de l’ONU et des organismes
satellites (GIEC, FMI, GATT, …). L’Europe est favorable à un tel
pouvoir « multilatéral » et se structure déjà de cette façon. Ce
type de pouvoir, par des chartes, des conventions et des règlements,
implique un contrôle toujours plus grand des activités des groupes
humains (pays, multinationales, mouvements humanitaires, économie
internationale, …) et des individus ;
- La principale différence entre l’influence américaine historique
(surtout au XXe siècle) et l’influence qu’aurait un pouvoir mondial
multiforme serait au niveau du système de valeurs, dont :
- La légitimité et les limites de la « propriété privée » sous toutes
ses formes;
- Les vertus réelles (ou les vices) des économies contrôlées
(Keynésiennes) incluant un contrôle accru des gouvernements sur les
individus en échange d’une prise en charge de ceux-ci (santé,
éducation, loisirs, vieillissement, naissance et planification,
contrôle des salaires et des institutions financières …);
- Une tendance fondamentale et intrinsèque (pour protéger le système
et sa stabilité …) à imposer des limites conséquentes aux libertés
individuelles « effectives » (et non théoriques), dont la liberté
réelle d’opinion (religion, idéologies, orientation sexuelle, …),
d’expression, d’association ou d’entreprise et de …reproduction
(limiter la population sans son consentement);
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Overton Window …
Ce qu’est une
“Overton Window” par Joseph Lehman, Mackinak Center
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"The Overton Window", c’est un concept qui tire son nom d’un
intellectuel attaché au Mackinac Center for public policy, qui
cherche à expliquer le déplacement de ce que le public considère
acceptable en matière de législation et de politique sociale.
Quels sont les critères qui déterminent cette « fenêtre » ? Quels
sont les éléments qui peuvent la faire varier et se déplacer ?
Ces déplacements peuvent être mesurés selon divers axes, séparément
ou conjointement. Des axes comme la perception « Gauche / Droite »
traditionnelle, la taille du gouvernement, son efficacité ou son
coût d’opération (total ou par citoyen), les limites des libertés
individuelles, la belligérance (pacifisme ou agressivité générale /
ciblée), la pression écologique, le niveau de vie, etc …
Un élément fondamental de la « Overton Window », c’est que les
politiciens doivent rester à l’intérieur, sinon leur pouvoir
s’effrite rapidement.
Ceux qui s’intéressent à l’histoire du XXe siècle connaissent
Woodrow Wilson, ce président américain qui s’est fait réélire en
1917 sur la promesse de ne pas proclamer de conscription pour
participer à la Ie guerre mondiale. Il a enfreint sa promesse
quelques mois plus tard, avec beaucoup moins de chaos social qu’on
aurait pu le croire. Plusieurs intellectuels de l’époque ont voulu
savoir comme Wilson avait pu « passer ce sapin » (une acrobatie
répétée plusieurs fois ailleurs depuis dont …au Canada). Ils ont
conclu que ce résultat était basé sur une façon de présenter
l’information de façon « coordonnée » au public, … la propagande
contemporaine. Les concepteurs de cette technique pour les masses
seraient Edward L. Bernays (le neveu de Sigmund Freud (!)) , Walter
Lippmann et quelques autres. Les livres exposant leurs théories
auraient été de fortes influences sur …Joseph Goebbels. On connait
la suite.
Essentiellement, les différentes sortes de propagandes (dont les
formes ont varié depuis), sont des moyens de faire bouger le «
Overton Window ».
Dans le monde actuel, un système semble s’être développé, qu’on
pourrait décrire de la façon suivante :
- Des groupements ou institutions se développent, se font connaître
du public à titre d’intervenant « objectif et désintéressé »;
- Ces groupements proposent des idées, des concepts ou des
orientations, ils défendent des causes en faisant appel au sens
commun de justice, d’équité, de bien-être et de sécurité;
- Les média (information, culture, éducation) amplifient et
relaient vers la masse "populaire"
le message des institutions ou groupements jugés « pertinents »
- Le martèlement « informationnel » finit par déplacer les
perceptions et les attentes du public (La « Overton Window »);
- Les politiciens prétendent répondre aux « demandes publiques »
(alors que la population est ignorée même quand elle se rebiffe) et
agissent dans le sens indiqué;
- Les politiciens soutiennent avec les deniers publics les
institutions et regroupements « pertinents » ;
- Et on recommence pour un tour de roue …
On comprend ici rapidement ... l'effet nocif de l'Internet pour
cette mécanique. ...Oups ! Un droit de parole "réel"
c'est dangereux !
Et on attendra très peu du décrié "Sun TV News", qui veut naitre
sous les hospices de Québecor / Videotron (Péladeau et al...),
malgré les hauts cris de ce "groupe pertinent" que sont les
regroupements de journalistes (fonctionnarisés ...) et les "grosses
chaines" actuelles. Ce n'est pas l'introduction d'un biais
dans l'information qui inquiète vraiment ces voix qui se lèvent,
...dont on relaie efficacement le message,
d'ailleurs !
Car, il manque un élément important dans ma description : Qui
fournit l'argent pour démarrer les regroupements "pertinents" ?
... comme disait l'autre : "Follow the money ! Always
follow the money !"
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So ... what ?!!
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Eh bien, il me semble évident qu’il y a des liens étroits, qui se
renforcissent d’ailleurs encore plus, entre ces éléments.
En résumé, les « progressistes » de l’intelligentsia occidentale
(intellectuels, média, éducation et culture), sont depuis longtemps
favorables à une structuration globale, voire mondiale du pouvoir, présentée comme
la seule voie pour réaliser une paix durable, éviter une
surpopulation (!) apocalyptique et assurer une gouvernance stable des élites «
compétentes », …c'est a dire eux ! La démocratie réelle n’est PAS au programme …
L’hégémonie américaine entrave donc l’implantation de cette structure, à
cause de la puissance (militaire, économique et culturelle (culture
de masse)) des États-Unis, mais aussi et surtout à cause du mode de
fonctionnement de cette société et des valeurs
dont elle fait la promotion depuis longtemps soient :
- La primauté des droits individuels (« We the people ») sur ceux
d’une monarchie ou d’un « gouvernement par le haut » (relire De
Tocqueville), qu’il soit celui de tyrans ou d’une « classe qui se
croit supérieure » (…l’élite qui « sait », les « rois-philosophes
»);
- La liberté d’idéologie, de religion, de croyances, de vision du
monde et de définition du « bonheur » (« pursuit of happiness ») ou
de la « réussite » ;
- Un préjugé favorable aux valeurs judéo-chrétiennes et au
monothéisme (« In God we trust ») qui appuient synergiquement les
valeurs précédentes ET la démocratie contemporaine.
Dans la situation actuelle (stimulus économique à coup d’emprunt
monstre (à la Chine en bonne partie), adoption de réformes sociales
et gouvernementales qui font exploser la dette à long terme des
États-Unis, …), l’adoption du « Cap & Trade » pourrait être un coup
meurtrier à la structure sociale, économique et
géopolitique américaine. Après la perte de crédibilité progressive
des prophètes du Réchauffement Global (ClimateGate, déception du
Sommet de Copenhague), il faut une « urgence nationale » du niveau
de gravité d’une guerre pour arriver à motiver un virage aussi
drastique (et risqué) que le « Cap & Trade ».
Obama, … et l’appareil médiatique, ont créé cette représentation de la
Crise du Golfe du Mexique où le capitalisme coupable peut être
sacrifié sur l’autel d'une écologie plus "religieuse" qu'éclairée. Les
réfractaires seront donc des coupables, des parias et le sentiment
d’urgence créé balaierait tout sur son passage, dès avant novembre
2010.
Mais, le temps est court ! Pour les écologistes aveuglés par leur
dévotion et les progressistes déterminés à porter le coup de grâce
au capitalisme américain, les heures s’écoulent comme l’eau d’un
réservoir qui se vide. Pour eux, c’est le branle-bas de combat.
Car, en bout de ligne, le VRAI problème c’est que les faits ne supportent
pas leur interprétation de ce qui se passe, ni les orientations
qu’ils veulent imposer.
Pour les Louisianais, premiers affectés par les ravages de la marée
noire, pêcheurs, travailleurs côtiers, commerçants, des évidences
demeurent fortement au centre de leur analyse de la situation.
C’est pourquoi on ne les laisse pas parler …
En effet, ils pensent que les dommages ne les affecteront que pour
quelques mois ou quelques années, que c’est le premier incident du
genre et que BP ne peut pas porter le blâme seul. Ils veulent que
l’industrie pétrolière puisse continuer de forer dans le Golfe, et
considèrent que leur prospérité et leur sécurité en dépend !! Ils
ont vu de près l’action de l’administration Obama et ne sont pas dupes.
Ils ne veulent pas être les dindons de la farce ! Surveillez le vote
en Louisiane.
Surveillez aussi la mutinerie des "Blue Dogs" qui se prépare dans le parti
démocrate. Pendant que ses leaders (Obama, Reid, Pélosi) se frottent
les coudes avec la gauche radicale, ces démocrates modérés sont de plus en plus
déterminés à ne plus coopérer à une vente de feu de leur
Constitution et de leur pays.
Ce pays qui nous apprendra toujours une chose : « Personne ne peut
faire de toi son esclave à moins que tu ne l’acceptes » (Éléonore
Roosevelt ..).
Peu importe le régime, les lois ou les tenants d’un pouvoir ou de
l’autre, le peuple aura toujours le vrai et le seul pouvoir : celui
de renverser toute structure qu’il juge lui nuire !
Tant qu’on pourra lui faire croire qu’il est libre, respecté, on
pourra le conduire comme une bête de somme. Mais quand il comprendra
qu’on le mène là où il ne veut pas aller, ce sera une autre paire de
manche. Le Tea Party (mouvement américain contre le « big government
» s’inspirant des racines de la Révolution américaine), et la montée
de ce que certains appellent la « droite conservatrice radicale »
(alors que ce sont les détracteurs qui imposent déjà leur vision totalitaire), ce
n’est que ça : des gens ordinaires, des travailleurs payeurs de taxe
qui en ont assez de se faire mener en bateau et qui ne croient plus
ce qu’on leur dit !!!
On joue avec les colonnes du temple … On veut forcer le jeu, mais je
pense qu’on joue au-dessus de ses moyens.
L’Histoire n’a jamais été
aussi accessible, proche pour ceux qui veulent la connaître et la
comprendre. Il n’y a pas non plus, je pense, eu de moments où le
simple citoyen a pu se sentir aussi capable de se prendre en main,
de tirer ses propres conclusions et
de faire entendre sa voix. Car pendant que certains croient en un
monde dirigé par le haut, par les « éclairés », et veulent imposer
cette direction, ce monde, ces gens qui le constituent sont de moins
en moins passifs et de plus en plus capables de leur répondre sur le
même ton : je suis comme toi, pas plus, mais sûrement pas moins !
Oui, si on me demande « So what ? », après tout ça, je répondrai que
dans les faits, aujourd’hui même, le peuple a son sort dans ses
propres mains et dans celles de personne d’autre !!
Il est temps …
"Et pourtant y a-t-il quelque chose de plus urgent à entreprendre,
chez nous, qu'une réflexion patiente et profonde, --non pour nous
inventer une raison d'être ou des raisons d'agir, mais pour nous
faire une âme? Car nous n'avons point d'âme. Nous souffrons d'un
vide atroce. Notre conscience n'a pas d'étoffe. Comment un homme vide pourrait-il faire une révolution qui se tienne
debout ? L'homme ne se nourrit pas seulement de pain."
Pierre Vallières, Cité Libre et ma génération, Cité Libre, 1963
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