A(H1N1): L’Europe enquêtera sur l’industrie

Par Michel Dongois
le 6 janvier 2010
pour Profession Santé

Y a-t-il, comme beaucoup l’avancent, un «triangle d’or» de la corruption thérapeutique entre l’OMS, l’industrie et les chercheurs universitaires?

 

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L’industrie pharmaceutique a-t-elle influencé les scientifiques et les responsables de l’OMS, en lien avec sa déclaration de l’état d’urgence pandémique en juin dernier? Le Comité sur la santé du Parlement européen vient d’adopter à l’unanimité une résolution exigeant une enquête sur le sujet. Il veut connaître l’influence réelle de l’industrie pharmaceutique dans la campagne mondiale en cours.

 Y a-t-il, comme beaucoup l’avancent, un «triangle d’or» de la corruption thérapeutique entre l’OMS, l’industrie et les chercheurs universitaires? Le Dr Wolfgang Wodarg, président du Comité européen sur la santé du Parlement, lance le débat. Le médecin et épidémiologiste suspecte les grands laboratoires d’avoir incité les scientifiques et les agences officielles de santé publique à alarmer les gouvernements mondiaux, dans le but de promouvoir leurs produits. «À faire du profit en diffusant la peur», selon l’expression du Dr Wodarg.

 Par ailleurs, en France, les laboratoires pharmaceutiques ont fait savoir le 6 janvier qu’ils exigent compensation pour les pertes engendrées par la résiliation de la moitié de la commande de vaccins contre la grippe A(H1N1). Un accord a déjà été trouvé avec Sanofi-Pasteur. Les négociations se poursuivent notamment avec GlaxoSmithKline et Novartis. À ce jour, moins de 5,5 millions de Français se sont fait vacciner.

Polémique en France sur le surplus de vaccins A(H1N1)

Par Michel Dongois
le 5 janvier 2010
pour Profession Santé

La France a-t-elle vu trop grand en réservant 94 millions de doses de vaccins contre la grippe A(H1N1)? Elle vient de résilier une commande de 50 millions de doses, s’efforçant aussi de revendre à l’étranger une partie de ses surplus. Une polémique a lieu dans ce pays qui détient à la fois le plus grand stock de vaccins et… l’un des plus faibles taux de vaccination en Occident.

À peine 5 millions de Français (sur 65 millions) ont choisi de se faire vacciner contre la grippe A(H1N1). Le gouvernement misait sur 30 millions de personnes vaccinées d’ici à la fin février. Lorsque les commandes ont été passées, les autorités sanitaires internationales indiquaient que deux doses de vaccin seraient nécessaires. Or, le 20 novembre dernier, il est apparu qu’une dose unique, et non pas deux, suffirait à protéger les personnes.

 Quatre laboratoires fournissent la France en vaccins, soit GlaxoSmithKline, Sanofi-Pasteur, Novartis et Baxter. La négociation ne portera pas tant sur les quantités décommandées, décidées unilatéralement, que sur les mesures d’accompagnement, notamment pour les vaccins déjà fabriqués. Selon les observateurs, il est peu probable cependant que l’industrie entame un bras de fer avec le gouvernement, qui fixe la politique de remboursement.

 Du côté médical, on attribue le fiasco de la campagne de vaccination au fait que le gouvernement ait écarté les médecins généralistes. «À partir du moment où l’on décidait d’un plan critiquable, avec mise hors-jeu du service de santé principal constitué par les médecins libéraux, on courait un risque de non-acceptation par la population», estime le Pr Marc Gentilini, ex-chef de service des maladies infectieuses et tropicales de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris.

La ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, a changé sa stratégie. Elle a fait savoir que dès la semaine prochaine, les médecins libéraux pourront vacciner dans leur cabinet.


Source: Quotimed.com, Le Monde

Plus d’un tiers des médecins français restent réfractaires à la vaccination

Par Christian Delahaye,
le Quotidien du médecin
le 5 novembre 2009



36,8 % des médecins français se déclarent réfractaires à titre personnel, contre 27,6 % il y a deux mois.



Effectuée auprès de 3530 médecins entre le 17 et le 27 octobre, l’enquête réalisée, via Internet, par MG France et la CMH (Coordination médicale hospitalière) confirme les difficultés de communication autour du vaccin contre la grippe A(H1N1) : 41,8 % des libéraux et 33,4 % des hospitaliers déclarent qu’ils ne sont pas prêts à se faire vacciner. Globalement, 36,8 % des médecins se déclarent réfractaires à titre personnel, contre 27,6 % il y a deux mois.

À quelques jours du coup d’envoi de la vaccination de masse et deux semaines après le lancement de la vaccination des hospitaliers, l’enquête de MG France et de la CMH, pour n’être pas un sondage, va interpeller l’opinion et les pouvoirs publics. Elle révèle que les réticences exprimées dans le corps médical contre la vaccination, malgré les efforts de communication scientifiques des dernières semaines, se maintiennent à un niveau certes minoritaire mais relativement élevé : globalement, 63,2 % des médecins se déclarent prêts à se faire vacciner.
 
C’est mieux qu’il y a deux mois, lors de la précédente enquête, qui enregistrait 55,9 % de réponses positives à la même question. Mais les non progressent également, ils passent de 27,6 % à 36,8 %. Et alors que 16,5 % réservaient leur réponse en septembre, 100 % des participants à l’enquête expriment un avis.
 
Côté hospitaliers, les oui et les non progressent : 66,6 % ont l’intention de se faire vacciner, contre 61,5 %, mais 33,4 % disent qu’ils ne le feront pas, contre 24 %.

C’est chez les libéraux que le score des non atteint son plus haut niveau, à 41,8 %, contre 32,5 %. Les oui représentent 58,2 %, contre 47,6 % il y a deux mois. Ils sont certes majoritaires, mais l’opposition vaccinale s’accroît dans les rangs médicaux.
L’enquête essaie de fournir une explication au refus du vaccin, en proposant diverses réponses. Ce sont les risques de complication qui sont évoqués par 71,3 % des opposants à la vaccination (72,5 % des libéraux et 70,2 % des hospitaliers). Vient ensuite la question des adjuvants, signalée par 70,3 % des médecins (67,7 % des hospitaliers et 73,6 % des libéraux). Également en cause, la double vaccination, avec 59,4 % des médecins (57,9 % des hospitaliers et 60,5 % des libéraux).
 
Enfin, des critiques s’expriment quant aux modalités de l’organisation matérielle : 20,7 % des médecins déclarent qu’elle ne leur convient pas (22,10 % des hospitaliers et 31,7 % des libéraux).
 
Pour les organisations syndicales qui ont lancé l’enquête, il est donc « urgent d’améliorer l’efficacité de la campagne de vaccination » et, en premier lieu, d’« impliquer directement les organisations médicales, scientifiques, professionnelles et syndicales dans le plan pandémie ».


Source: Quotimed.com, le 05/11/2009